VALSARTAN : restons calmes !

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Nombreux sont les patients sous Valsartan (un principe actif largement utilisé dans le traitement de l’hypertension artérielle et de l’insuffisance cardiaque) à appeler leur médecin, suite aux informations diffusées dans la presse grand public, pour solliciter une consultation urgente !  Ces messages alarmistes de la presse grand public sont excessifs, le texte ci-après contribuera, nous l’espérons, à calmer les esprits en expliquant de quoi il retourne et quelle doit être la conduite à tenir. Pour en savoir plus consultez le site de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM)

Qui sont les patients concernés ?

Les spécialités contenant le principe actif Valsartan sont :  TAREG et COTAREG, NISIS et NISISCO, EXFORGE ainsi que tous les génériques de VALSARTAN. Les patients prenant un de ces médicaments sont donc concernés par les explications suivantes.

De quoi s’agit-il ?

L’ANSM l’explique très bien : Un défaut de qualité a été identifié sur de nombreux  médicaments à base de valsartan commercialisés au niveau mondial. Des impuretés, la N-nitrosodiméthylamine (NDMA) et la N-nitrosodiéthylamine (NDEA), ont été retrouvées dans la substance active valsartan. La NDMA et la NDEA appartiennent à la classe des nitrosamines et sont classées par l’Organisation Mondiale de la Santé comme probablement cancérogènes chez l’homme. Les nitrosamines sont des substances liquides et solubles dans l’eau, elles peuvent être retrouvées dans l’environnement (aliments, ainsi que dans une moindre mesure dans l’eau et l’air). Ainsi, à titre de précaution, tous les lots des médicaments contenant du valsartan fabriqués à partir de la substance active valsartan impactée par la présence de ces impuretés ont été rappelés en France, en juillet  2018 puis en novembre 2018. Cette décision a été prise en concertation au niveau européen. 

Quels sont les risques ?

Risques liés à la prise du médicament

  • Le défaut de qualité détecté  n’induit pas de risque aigu pour la santé des patients. Il y a peut-être un petit risque, minime sur le long terme. 
  • Compte tenu du risque cancérigène de la NDMA et de la NDEA, il est important de déterminer si des mesures complémentaires seront nécessaires pour les patients concernés traités par les médicaments à base de  valsartan. Ceci nécessite une évaluation détaillée du risque, fondée sur des tests approfondis des lots de médicaments. Cette évaluation se fait actuellement de manière coordonnée au niveau européen

Risques en cas d’arrêt intempestif du traitement

En cas d’arrêt brutal du traitement les dangers sont réels  ; poussées hypertensives, décompensations cardiaques, accidents neurologiques. Aussi, ne devez-vous, en aucun cas, arrêter le traitement vous-même.

Que faire si vous prenez du valsartan ?

  1. Restez calme et poursuivez votre traitement sans changement !
  2. Vérifiez, avec votre pharmacien, si le lot de votre médicament est concerné par le défaut de qualité. 
  3. S’il ne l’est pas, vous pouvez être rassuré et continuer votre traitement jusqu’à la prochaine consultation prévue.
  4. Si le lot de votre médicament est concerné par le défaut de qualité, poursuivez votre traitement et consultez votre médecin sans urgence.

En résumé…

  • Si votre médicament fait partie des lots concernés par le défaut de qualité, le continuer pendant quelques semaines restera totalement anodin pour votre santé.
  • En revanche, arrêter votre traitement brutalement vous exposera à des complications potentiellement graves.
  • Consultez votre pharmacien pour savoir si vous êtes concernés par le problème.
  • Si vous l’êtes, consultez votre médecin sans urgence !
  • Les mots clés sont donc :
    • risque minime pour la santé
    • poursuivre le traitement sans modification, en attendant l’avis du médecin
    • aucune urgence !
  • pour en savoir plus, un numéro vert est disponible : 0800 97 14 03

Le DMP : la sécu y est très favorable, les médecins moins. Pourquoi ?

 

Nombreux sont les patients dont la carte vitale s’orne désormais du petit logo DMP attestant que leur porteur a ouvert, seul ou avec l’aide de son pharmacien, ce « nouveau » Dossier Médical Partagé dont les politiques chantent les louanges et qui  atterre et angoisse tant les médecins.

Voici une analyse, fouillée et experte, des raisons de la discorde, qui permet de comprendre pourquoi ce projet, vieux de 15 ans, et ayant englouti des centaines de millions d’euros est voué à un cuisant échec.

Lire ici

Fièvre de l’enfant, idées fortes, idées fausses

Unknown

Beaucoup d’idées sur la fièvre de l’enfant ont changé.

© Dr F. Corrard, pédiatre, Combs-la-Ville

La fièvre n’est pas dangereuse

La fièvre (température supérieure à 38 °C) est un signe positif qui montre que votre enfant réagit à une intrusion microbienne. Actif et autonome, l’enfant a déjà mobilisé spontanément ses défenses. La fièvre n’est pas dangereuse. Elle est bénéfique, stimule les défenses immunitaires et bloque la multiplication des virus. En cas de maladie très grave, la fièvre est importante pour la survie.

Comment la prendre ?

Thermomètre rectal à sonde souple jusqu’à deux ans, thermomètre auriculaire à infrarouge après.

Neuf idées fausses

1. « La fièvre est responsable de convulsions ». Non, la fièvre ne déclenche pas les convulsions. Elles sont la conséquence des défenses de l’organisme chez un enfant souvent génétiquement prédisposé. Les médicaments qui font baisser la fièvre n’empêchent pas la survenue de convulsions.

2. « La fièvre ne va pas s’arrêter de monter si je ne donne rien ». Non, le corps limite spontanément l’importance de la fièvre. C’est pour cette raison que la fièvre oscille au cours d’une maladie.

3. « Plus la fièvre est forte, plus c’est grave ». Faux.

4.  « C’est en faisant baisser la fièvre que j’accélère la guérison. » Non, la fièvre est une conséquence de la maladie, non sa cause.

5. « C’est la fièvre qui change le comportement ». Faux. Ce sont les propres défenses de l’enfant qui le modifient. Son corps réagit. L’enfant peut être inconfortable (il pleure, semble souffrir, est facilement irritable). Là, vous devez lui administrer un médicament.

6. « Je dois faire baisser la fièvre à tout prix ». Non, la fièvre est l’alliée de votre enfant, pas votre ennemie. Elle témoigne de l’engagement de ses défenses. L’objectif n’est pas la baisse de la fièvre.

7. « Je refroidis mon enfant (bains frais, déshabillage) ou je le surcouvre pour qu’il n’attrape pas froid en plus ». Non, tous ces moyens sont inefficaces, souvent désagréables, voire dangereux (surhabillage). Proposez-lui à boire plus souvent.

8. « J’utilise deux médicaments en alternance ». Non, un seul suffit en général (le paracétamol de préférence). Mais, si l’enfant reste inconfortable 30 minutes après la prise du médicament (temps pour que le médicament agisse), vous pouvez ajouter un autre médicament antalgique (ibuprofène en l’absence de gastroentérite et de varicelle).

9. « Donner du paracétamol ou de l’ibuprofène plusieurs fois à mon enfant malade ne peut pas lui faire du mal ». Faux, des doses répétées de ces médicaments ont tendance à diminuer un peu ses propres défenses, peuvent prolonger la présence du microbe même si l’enfant guérit et favoriser la contagiosité. Donner un médicament doit être justifié par l’inconfort de l’enfant.

Deux questions justes quand mon enfant a de la fièvre:

1. « Comment se sent-il ? ». Il a l’air fatigué mais il joue et s’intéresse à son environnement. Aucun intérêt à lui donner un traitement. La fièvre doit être respectée. Par contre, s’il pleure, s’il est irritable ou a l’air de souffrir, il faut le soulager avec un médicament. (paracétamol, idéalement)

2.  « Pourquoi cette fièvre ? ». La fièvre est la conséquence d’une infection qui peut être grave. Si votre enfant a moins de trois mois, il faut consulter rapidement. Après cet âge, la consultation est nécessaire lorsque le comportement de l’enfant a changé, lorsque la fièvre est prolongée.

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Hypnose en médecine générale

Le Dr Pascale Arnould propose des consultations d’hypnose au sein de la maison de santé.  L’hypnose médicale a montré son efficacité dans la prise en charge de la douleur aiguë ou chronique, mais également dans la prise en charge des patients souffrant de troubles anxio-dépressifs, d’addictions (au tabac, à l’alcool), de difficultés sexuelles, de troubles du comportement alimentaire, de stress post-traumatique, d’hypertension artérielle, d’asthme, d’énurésie de l’enfant, et bien d’autres situations fréquemment rencontrées en médecine générale. Pour en savoir plus, sur les intérêts, la technique, et le déroulement de la consultation, consultez les articles proposés dans la courte bibliographie, ci-après.

Le Dr Pascale Arnould est également formateur dans le cadre du Diplôme Universitaire « Hypnose en Médecine Générale – formation aux techniques hypnotiques » qui vise à former des médecins généralistes à ces techniques, pour améliorer la qualité des soins aux patients et réduire les prescriptions médicamenteuses de psychotropes.


Bibliographie

  1. L’hypnose en consultation de médecine générale. Documents de recherche. 1997. SFMG. Dr François RAINERI et al.
  2. Hypnose en médecine générale : enquête descriptive auprès de 41 médecins généralistes. Thèse. 2016. Dr Jérémy TERRAT.
  3. Intérêt et place de l’hypnose en médecine générale : enquête qualitative par entretiens semi-dirigés auprès de 15 patients. Thèse. 2014. Dr Anne-Sophie BOUYER-TROUSSARD
  4. Indications et pratique de l’hypnose médicale, en médecine générale. Enquête de pratique chez des médecins généralistes formés à l’hypnose médicale. Thèse. 2011. Dr Etienne GALLET

Maison de santé

Médecin généraliste : de qui s’agit-il ?

Médecin de famille, médecin traitant, médecin de proximité ou médecin généraliste ? Comment devient-on médecin généraliste ? Quelles sont les compétences du médecin généraliste ? Quelle est sa place dans le système de santé ? Une synthèse intéressante pour les étudiants en médecine, pour les patients… et pour les médecins de toutes spécialités, publiée par la Société Française de Médecine Générale. Lire là

 

Concepts théoriques de la médecine générale

Les concepts théoriques de la médecine générale. Cette thèse passionnante a répertorié les éléments conceptuels de la médecine générale pour en faire un corpus théorique spécifique, qui, couplé aux 11 compétences complétera le bagage théorique des futurs médecins généralistes et aidera les maîtres de stages dans l’encadrement de leurs internes. Lire là